En affirmant que « Nous, chercheurs, avons encore le choix », le texte se plante : un jeune chercheur qui veut un poste n'a pas le choix si le nombre de postes est trop bas et que ses compétiteurs améliorent leurs performances individuelles grâce à l'IA.
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Puisque les promoteurs de la science-compétition adorent la métaphore sportive, cela revient à dire à des sprinteurs
"N'utilisez pas cette nouvelle drogue légale, indétectable et hyper efficace que vos concurrents utilisent, car ce n'est pas bien, mais seuls les trois premiers auront une médaille".
Sauf que c'est bien pire, parce qu'on ne parle pas de médaille, mais d'emploi, et donc de capacité à se nourrir, s'habiller et se loger décemment.
Demander aux individus de sacrifier leur intérêt individuel au nom d'un intérêt collectif inatteignable est vain.
C'est pourquoi j'ai la conviction qu'il faut sortir -en urgence- de la science-compétition. La réputation scientifique des nations sera très vite basée non plus sur les publications à la tonne, mais au contraire sur l'intégrité des publications, qu'on ne sait pas mesurer.
La façon la plus simple d'atteindre l'intégrité scientifique est de supprimer toutes les récompenses à la "performance", de l'entrée dans les carrières aux promotions, en passant par les primes et financements, et sans doute même les prix.
C'est ça, ou couler avec les autres. https://media.tenor.com/RQcvRidVrAQAAAAC/just-saying-colin-jost.gif?hh=498&ww=498
Tout à fait sauf que #DORA / #CoARA reste mal connu des collègues élus ou nommés dans des instances de recrutement, évaluation ou promotion.
Il faut aussi leur proposer des méthodes pour pouvoir faire le travail demandé (qui finit quand même par mettre une relation d'ordre sur un groupe de projets/gens brillants qui font des choses très différentes...) en respectant ces principes.
Ça existe, mais c'est du boulot.
@cyclotopie @juliengossa En effet. C'est toute une politique d'établissement qu'il faut concevoir.