Si, aujourd’hui, l’Europe a perdu un certain nombre de positions, elle reste le lieu où tout le monde a envie de vivre. Même ceux qui la détestent. Un récent sondage mené auprès des jeunes ayant une éducation supérieure place six pays européens parmi les dix premiers. Les États-Unis, qui étaient numéro un, ne sont plus aujourd’hui parmi les dix premiers.
Au cours de l’histoire, l’art de vivre a toujours été l’antidote à tous les totalitarismes. Car l’aspiration totalitaire – qu’elle soit religieuse ou technologique – est de contrôler le temps, de standardiser les comportements. Son rêve est que l’homme soit réduit à être une machine, prévisible, uniforme, transparente. La qualité de vie est tout le contraire. Liberté, plaisir, caprice et perte de temps. Tout ce qui rend l’individu unique et que nous devrons être en mesure de protéger et de faire prospérer dans la nouvelle dimension du numérique et de l’intelligence artificielle.
Notre mission, aujourd’hui, est de réinventer un art de vivre européen, qui soit à la hauteur des défis de notre époque. La tâche peut sembler modeste ; elle est pourtant la plus décisive.
Nous n’y arriverons pas sans nous inspirer des qualités les plus nobles de Jean Monnet : son courage, son ouverture d’esprit, son intelligence stratégique et sa persévérance. Mais pour y parvenir, nous aurons besoin aussi, et peut-être avant tout, de sa joie, de son sens de l’amitié, et de son goût pour la vie.