Pour l’informaticien Robin Berjon, promoteur d’un « usage démocratique des protocoles », il est même plus simple d’expliquer le fonctionnement d’internet au public sous l’angle politique que technique. « L’infrastructure numérique est intégrée partout dans notre société : c’est une infrastructure de pouvoir, puisqu’elle gouverne ses usagers », affirme-t-il. Or, les états libéraux peuvent y ajouter autant de processus démocratiques « par-dessus » qu’ils le souhaitent, « si l’infrastructure fonctionne de manière autoritaire, vous êtes dans une société autoritaire. Nous sommes, de fait, dans une société autoritaire ».
Pour renverser la tendance, argumente-t-il encore, il faut « éclater les fonctionnalités : que les gens en charge des règles sur l’identité numérique, par exemple, soient indépendants de ceux en charge du commerce, de ceux en charge de la modération et de ceux de la publicité ». Les protocoles, eux, permettront « de faire communiquer ces pouvoirs éclatés ». Et de citer les initiatives Eurosky, qui propose de l’infrastructure européenne pour permettre à d’autres de créer des réseaux sociaux, Beckn, protocole et système d’infrastructure indien pour créer du commerce en ligne, ou encore Staan, qui cherche à séparer l’indexation des moteurs de recherche de l’expérience finale pour permettre à diverses entreprises de collaborer sur le sujet.