La grande faillite de l' #antiracisme des années 80-90 dont on mange encore les effets aujourd'hui, c'est l'antiracisme moral.

« Le #racisme, c'est pas bien », ça implique que pointer des actes ou des propos racistes est trop facilement intégré comme « si le racisme c'est pas bien, et que je suis accusé d'actes ou de propos racistes, ça veut dire que je suis méchant, hors je ne suis pas méchant et donc ce que j'ai dit ou fait ne peut pas être raciste, et donc je n'ai rien fait de raciste ».

Et donc, une fois cet antiracisme moral intégré, même quand on fait de l'antiracisme matérialiste (« faire ceci ou cela entraîne ces conséquences matérielles, sociales et psychologiques ») auprès des gens qui ont bouffé de l'antiracisme moral pendant au moins vingt ans (oui, ma scolarité et mes cours d'#EMC de l'époque, le vous regarde !), ben… ça marché très mal, parce-que ces derniers est venu poser des verrous.

Résultat 1 : on se retrouve avec des gens qui font des dingueries racistes en disant qu'ils ne sont pas racistes, parce-que ce serait être « méchant ». Bref, le classique « je ne suis pas raciste mais… ».

Résultat 2 : les actes et les paroles racistes restant ainsi possibles, les gens qui s'assument comme tels ne sont que marginalement emmerdés quand leurs propos et leurs actes dépassent vraiment toutes les bornes.

Et v'là l'élargissement progressif de la fenêtre d'Overton vers la droite.

Alors oui, le matérialisme c'est chiant : ça demande de la réflexion, de la réflexivité, de l'analyse, et surtout du temps et de l'énergie pour tout ça.

C'est beaucoup.

C'est pas comme être poussé par les émotions de l'antiracisme moral, quoi.

Du coup, je suis emmerdé au final : qu'est-ce qu'on fait avec tout ça, une fois que c'est dit ? 😬

On pratique la sapio-sentimentalité ?

J'ai pas de réponse, j'ai pas de piste.

Et vous ?